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Coelioscopie : tout ce qu'il faut mettre dans votre valise !
On soupçonne qu'il s'agit d'endométriose ? Et le seul moyen
de diagnostiquer cette maladie est la cœlioscopie. Bon, on ne
peut pas la subir à votre place mais on va au moins essayer de
vous éviter des surprises pas toujours bienvenues.
A faire absolument chez vous :
- Vous raser le pelvis. A moins de donner dans le sado-maso,
ça n'a vraiment rien d'excitant de voir une infirmière se ramener
avec son petit rasoir jetable et vous raser à sec.
- Ne pas manger, boire ou fumer après minuit, lorsqu'on subit
une opération le lendemain. Sinon vous vous transformez en Gremlins.
Votre valise :
- Une chemise de nuit (idéale) ou à la rigueur un pyjama
ample en coton. Sinon c'est sauna et odorama assurés grâce à
l'alèse. Allez ! Des bouffées de chaleur vous en aurez bien
assez tôt, c'est pas la peine d'en rajouter.
- Des culottes amples. C'est pas le moment de sortir les
petits slips brésiliens que vous a offerts votre chouchou et
dont les coutures coïncideront pile poil avec les vôtres (de
coutures, pas les poils, vous n'en avez plus - cf plus haut).
Les culottes Petit Bateau 100% coton, ça a son charme aussi.
Bien caché, il est vrai !
- Vos serviettes hygiéniques, et ça c'est vraiment vital.
Sinon l'hôpital vous fournira une chose qui vous fait penser
à juste titre, qu'un bazooka entre les jambes serait moins inconfortable.
- Des lingettes déodorantes. Parce que faire une toilette
digne de ce nom, au gant, au-dessus d'un lavabo dans un espace
de 1m2 avec à main droite le goutte-à-goutte, à main gauche
la poche du drain, trois petits trous dans le ventre, plus quelques
effets résiduels de l'anesthésie et des douleurs dues au gaz
qu'on vous a injecté, relève de l'exploit. Très utile également
pour celles qui auraient quand même tenté la chemise de nuit
en synthétique.
- Prévoir un shampooing sec, ou si vous ressemblez à un iroquois
tous les matins, un foulard ou un chapeau, histoire d'impressionner
chouchou, qui décidément se demande comment vous faites pour
être aussi belle malgré tout.
- Des jupes amples. Des pantalons amples. Des t-shirts amples.
De l'ample, quoi.
- Un ravitaillement perso, au cas où vous tomberiez sur un
sadique qui pense qu'au bout de 72 heures, neuf plateaux repas
distribués à votre compagne de chambre et trois kilos de moins,
ce n'est peut-être pas prudent que vous mangiez une biscotte.
- Un ravitaillement perso. Pour peu que les cuisines se trouvent
à l'autre bout du centre hospitalier, vous constaterez avec
étonnement à quel point une viande même cuite peut prendre de
curieuses teintes.
- Un ravitaillement perso. Y a pas de mal à s'envoyer un
petit carré de chocolat. C'est très bon pour le moral, et Dieu
sait qu'après une intervention, le moral n'est pas toujours
au beau fixe.
- Une boîte de kleenex, rapport au moral qui n'est pas toujours
au beau fixe.
- Vos BD préférées, votre baladeur et vos K7, une photo de
chouchou en train de tomber de son yack au Népal (il faut bien
rire un peu), un cahier de mots croisés et un crayon (très frustrant
le cahier sans le crayon), un cahier de mots croisés, un crayon
et sa gomme (très frustrant un crayon et une gomme sans cahier),
votre livre de chevet, votre tricot, votre point de croix, votre
métier à tisser, votre rameur, votre kart. C'était juste pour
voir si vous suiviez.
- Votre patience et votre humour.
Pour les petites veinardes qui auraient droit en plus à l'intubation
pour les liquides gastriques (systématique en cas d'opération
en urgence, absolument indolore mais très sonore), n'oubliez pas
les boules quies. Quant à celles qui auraient la bonne idée de
chopper un rhume ainsi appareillées, elles ont toutes ma compassion.
Vous pouvez également profiter de cette épreuve pour demander
à chouchou de faire le ménage, baies vitrées incluses (vous vouliez
tant les faire avant d'aller à l'hôpital mais vous aviez si mal),
de vous remonter le moral (cette jolie bague que vous aviez vue
comme elle vous ferait plaisir), d'organiser votre convalescence
pendant qu'il travaillera (le docteur l'a dit, rien de tel que
les Caraïbes). Cette liste spéciale chouchou n'est pas exhaustive.
Au bout de quelques jours, tout ça ne sera plus qu'un souvenir,
et peut-être pas si mauvais que ça !
Delphine Ludzay
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